L’île de Nibouba #3

Temps de lecture : 8 minutes

“À l’origine des découvertes, il y a toujours un eldorado, une route des Indes, une pierre philosophale, une question trop grande, un mythe dont seuls des illuminés osent parler sans sourire.”

Roland Omnès

Après s’être présenté, Tersenp firent entrer les hommes dans la cité de laquelle il est le gardien.

Ils pénétrèrent tous un par un dans la sorte de cité enterrée. Ils furent frappés au premier abord par la luminosité qu’avaient les lieux malgré le fait qu’elle était sous la terre. Gaël fût subjugué par tout le monde qui travaillait, parlait, marchait, courait. C’était une vraie petite fourmilière. Des machines de toutes sortes jamais vu autre part allait de gauche à droite. De gros vélos mais aussi de petites machines très utiles afin de transporter les marchandises.

Gaël ne pouvait plus parler, il était beaucoup trop ébahi. Une voix dans sa tête se demandais : « Comment ont-ils fait pour inventer tout cela ! »   

C’est alors que le gardien se transforma en guide.

– Vous voyez, dans cette pièce principale tout le monde est présent. C’est ici que sont organisées les marchés quotidiens, les fêtes et tous les autres évènements qui se rapprochent du groupe. Les personnes qui résident sur cette île, vous l’auriez peut-être remarqué, ne travaillent pas pour eux même mais, pour tout le monde donc pour nous tous.

Les marins furent tous ébahis par cette incroyable organisation. Tout le monde travaillait sans donner l’impression de faire des efforts. La plupart se croisaient au point de presque se frôler mais ne se touchait pas. Aucun accident n’était déclarer.

Un matelot posa une question comme s’il était incroyablement stupéfait.

– C’est louche cette histoire, vous travaillez tout le temps ?

Le guide fût faussement surpris de la question.

– Non certainement pas ! En réalité nous travaillons à l’envie. Nous avons de grands dortoirs ou tout le monde à le droit, quand il veut, le temps qu’il veut, de se coucher afin de se reposer. Suivez-moi ! Je vais vous montrer.

Ils arrivèrent dans une pièce peu lumineuse. L’odeur n’était pas la même que dans la salle principale. Les parfums de terre battu dominaient mais on pouvait discerner ceux de magnifiques fleurs comme les orchidées et les tulipes.

Il était, dans la pénombre, possible d’apercevoir les lits, disposés en épis, en rangs de cinq. Le dortoir pouvait accueillir une trentaine de personnes.

Gaël après avoir regardé dans tous les détails le dortoir constata soudainement :

– Il n’y a personne, c’est incroyable !

– En effet il n’y a personne, vous tombez au bon moment. Généralement il y a un petit peu plus de personnes. Parfois on approche de la dizaine mais cela ne la dépasse jamais. Même le lendemain de fête.

– C’est… Exemplaire, incroyable. Je n’en reviens pas. Comment font-ils ? ils donnent l’impression de travailler si dur.

– Le travail ici, n’a rien de l’éthique de l’effort surhumain que vous pouvez trouver dans vos pays, allant même jusqu’à la torture. Non, ici, nous faisons ce que notre cœur nous dit de faire, et nous le suivons à la lettre tout en aidant le groupe. C’est magnifique en plus d’être bénéfique. Vous avez l’air terriblement fatigués messieurs. Voulez vous vous allongez quelques heures ?

Le oui fit l’unanimité.

Pendant ce temps, sur le bateau, les marins étant restés commencèrent à s’inquiéter. « Ce n’était qu’un éclairage avait pourtant dit le capitaine mais, cela fait des heures qu’ils sont partis ! » firent des voix qui commencèrent à se lever. Les points se fermèrent pour ensuite, se dresser.

Bobby, le jeune matelot ne savait pas quoi faire il était piégé entre la confiance qu’il accordait à son capitaine et la révolte, en lui qui commençait à monter. Le capitaine ne pourrait jamais s’emparer de tout l’or qu’il y a dans cette île. Se disait-il mais la jalousie qu’il ait probablement trouvé le trésor sans lui se faisait paraître.

Étant partiellement à la tête de la vingtaine d’hommes, il donna l’ordre à sept d’entre eux de chercher leurs traces dans l’île.

Gaël se réveilla avec une ample migraine qui le fit immédiatement sérer des dents. Le gardien vint quelques peu de temps après pour réveiller les hommes mais le capitaine n’arrivait pas à se lever.

En voyant cela, Tersenp s’empressa d’appeler deux hommes qui l’emmenèrent sur un brancard à la salle des soins.

Vision floue et panique autour de lui. Gaël ne voyait que cela pendant que les hommes le transportaient. Ils lui parlaient pour, il le pense, ne pas qu’il s’endorme. Il tomba dans les bras de Morphée lorsque les brancardiers lui donnèrent la possibilité de s’endormir.

Les cinq matelots étant parties en éclairage pour retrouver le capitaine revinrent vers Bobby. Ils lui dirent qu’il n’avait rien trouvé à part deux gros matelots perdu.

Le sous-chef conclue alors que Gaël avait assommé les matelots afin de se débarrasser d’une probable révolte pour s’emparer des richesses de cette île. Il interrogea les hommes mais ils ne se souvenaient de rien.

Désemparé, Bobby vacilla entre l’inquiétude et la rage en passant par la tristesse. Il finit par dire avec raison à ses hommes, qu’ils attendront le lendemain avant de lancer une chasse à l’homme.

C’est avec délicatesse que l’homme recherché par son équipage ouvra les yeux. Étonnement, il n’avait plus mal à la tête, en plus d’avoir une énergie anormale en sortant du réveil.

C’est le garde qu’il vit en premier. En voyant que Gaël s’était réveillé, il se réjouit : « Vous êtes enfin réveillé ! Génial ! Notre système médical est alors toujours aussi efficace ! Je tiens tout le même à dire que ce que vous aviez était assez grave, vous souffriez d’un traumatisme crânien assez poussé »

Gaël ne savait pas quoi répondre. Il était au courant de son état assez dramatique. Sans prendre en compte la réflexion du garde, il demanda à continuer la visite en oubliant de poser une question qui lui trottait en tête.

Le gardien accepta et se dirigea vers l’extérieur de la salle des soins en leur disant qu’ils allaient là où ils apprennent souvent : la salle des savoirs.

Sur le chemin, Gaël était à côté du guide et les matelots les suivaient en parlant ensemble.

Gaël, troublé par les soins extrêmement efficaces qui lui avaient été administré posa la question :

 – Tersenp ? Je me suis demandé comment ses hommes ont pu me soigner, je sentais bien que c’était vraiment grave ce que j’avais et de là à me soigner au complet, cela m’étonne énormément.

 – Vous saurez plus en détail dans la salle des savoirs. Mais je peux vous dire en avance qu’ils ne vous ont pas soigné en vous administrant des médicaments.

Une certaine curiosité mêlée à de l’excitation s’empara du capitaine mais le guide ne démordit pas. Il était là, avec son sourire en coin à dire : « Vous verrez » à chaque fois que Gaël montrait un signe d’irritation. Puis, ce dernier oublia cette question pour en poser une tout autant intéressante.

– Dois-je de l’argent à ses médecins qui m’ont certainement sauvé la vie ?

– De l’argent ? Quelle bêtise ! Dans cette île nous ne fonctionnons pas avec de l’argent. Nous en avions certes beaucoup auparavant, mais nous avons jugé que cela nous rendait vicieux. Nous essayions toujours d’en amasser. Sans s’en rendre compte, nous perdions la valeur véritable de notre travail pour nous concentrer sur la manipulation de l’autre à des fins personnelles. Nous nous sommes détachés du matériel pour se concentrer sur nous. Cela a embelli notre vie.

– Comment faites-vous pour vivre maintenant ?

– Et bien, nous faisons avec. Nous nous en sommes passé, le troc fait l’affaire. Alors, bien sûr, la transition a été extrêmement difficile. Mais, c’est aussi ce qui nous a amené à nous rendre compte qu’il n’y a pas qu’une seule richesse. La meilleure de toutes est celle-ci. En s’arrêtant, il toucha la poitrine de Gaël, là où était son cœur.

«En plus, nous avons beaucoup plus envie de la partager ! Ah ! Nous voilà arrivés messieurs ! Entrez, entrez !»

Gaël ne sût quoi répondre. Son estomac vibrait comme pour confirmer les dires du gardien. Il ne fut que suivre le temps de se rétablir de ses émotions.

Ils entrèrent dans une salle qui avait l’air, dès l’entré d’être une pièce accueillante. Comme une salle de classe, des tables et chaises étaient installées, autour se dressaient de petites bibliothèques contenant de grands livres. En face de celle-ci, étaient placés une estrade et dessus, un petit tableau noir. Le gardien s’exprima :

«C’est dans cette salle que nous apprenons, de nombreuses choses et sans nous arrêter. Tous les habitants de cette île, qu’ils aient neuf ou quatre-vingt-cinq ans apprennent.

– Et qu’est ce que l’on apprend ici ? Demanda un matelot.

– Ce sûr quoi nous voulons. Si une passion nous prends pour les éléphants roux au large du Mexique, libre à nous d’en apprendre chaque détail. Mais ce savoir ne sera pas tout à fait utile sur cette île. C’est pour cela que nous apprenons principalement diverses méthodes afin d’améliorer ses divers types d’intelligences. Les personnes peuvent témoigner sur les méthodes qui ont été efficaces pour elles. Cette estrade sert aussi et principalement à appliquer immédiatement les méthodes qui ont été apprises afin que rien ne se perde.

– Est-ce que cela répond à ma question de tout à l’heure ? Demanda avec un trait de provocation dans la voix et un petit rictus, le guéri.

Tel un grand orateur, le guide répondit avec assurance après avoir claqué les doigts.

– Merci, j’attendais avec impatience cette question. Content de voir que vous vous êtes rétablis ! En fait, cela ne répond que partiellement à la question. C’est ici aussi que sont apprises toutes les méthodes de soins qui sont appliqués sur de vrais patient. Mais, qu’apprenons-nous ? Me demanderez-vous et c’est simple. Seulement une seule chose principale est apprise par tous ceux qui veulent faire de la médecine.»

Il mettait le doigt devant son visage afin d’amplifier la probable réaction. En regardant tout le monde avec un doigt dressé devant son visage et après quelques secondes de silences il fit :

«  L’hypnose. »

Comme de grands spectateurs ahuris, les marins se mirent à hausser doucement la voie. Quelques chuchotements se faisaient paraîtres comme : « Ce n’est pas possible » « Il se paie notre tête, c’est impossible ».

Le capitaine, lui, restait très silencieux. Il était pris de court par ses émotions qui s’entrechoquaient. En fixant le sol de ses yeux ébahis, de nombreuses voies fusaient dans sa tête : « Ils ont fouillé dans mon inconscient ! » « C’est génial ! » « Ils m’ont volé ma dignité » « Ils m’ont soigné tellement efficacement » « je les hais » « Merci ! ».

L’orateur reprit :

« Je sais, je sais, je sais. Cela peut vous sembler extrêmement ahurissant, car vous avez une tout autre culture. Et je vous comprends ! Mais nous avons essayé une seule technique que l’un d’entre nous connaissait et maîtrisait. Elle a marché donc nous avons continué de la faire. Vous voyez, elle marche encore, elle est même de plus en plus efficace. Votre chef avait un traumatisme crânien assez sévère et nous avons réussi à le soigner en seulement quelques heures ! C’est incroyable !»

Gaël continuait de fixer le sol et ce qui le rendait encore plus abasourdit, c’est qu’il ait déjà essayé l’hypnose dans un secret absolu. Il pensait trouver l’Eldorado grâce à cela. Mais après plusieurs tentatives, l’hypnotiseuse en avait conclue qu’il n’était pas récepteur et qu’il ne le serait jamais.

Après avoir avoué à ses hommes qu’il avait essayés, le capitaine demanda au garde pourquoi eux avaient réussi.

«Chez nous, le fait d’être récepteur à l’hypnose est universel, personne ne l’est pas. Cela m’étonne ce que vous me dites, car d’après les médecins vous avez été extrêmement facile à hypnotiser.»

– Quoi ?! Mais c’est impossible ! Elle était pourtant bien formelle, je ne serais jamais récepteur.

– Je vous l’ai dit, cela fait des décennies que nous pratiquons l’hypnose. Il n’y a jamais eu un seul cas qui ai mal tourné et pourtant il y en a eu des cas désespérés ! »

C’est alors que Gaël comprit où il avait mis les pieds. Il comprit, dans quelle sorte d’Eldorado il était. Il comprit pourquoi toutes les hypnoses marchent. Pourquoi les personnes ici travaillent aussi efficacement mais aussi pourquoi ils ont inventé tant de machine qui marchent. Cette île, et il le savait, regorgeait de mystères et il voulait les élucider. Mais est-ce qu’un mystère peu un jour être élucidé pour de bon ?

(À suivre)

La légende raconte que c’est à cela que ressemblait les murs de la salle des savoirs

Merci d’avoir lu !

J’espère que vous avez pris du bon temps à lire cette nouvelle !

N’hésitez surtout pas à me donner votre avis dans les commentaires. Je suis ouvert à toute critique qui pourrait me faire m’améliorer. 

Vous pouvez donner votre avis plus rapidement !

Fond
0
Forme
0
Moyenne
 yasr-loader

Merci d’avance ! 

Curieux de savoir pourquoi il est important de me laisser une critique ? 

Sinon, vous pouvez lire d’autres articles ou histoire en revenant dans l’onglet Autour de l’écriture ou Histoires

Autres articles

À propos de l’administrateur

Mathys Bernigaud
Mathys Publié le

Auteur débutant, je n'écris que depuis peu. J'ai, dans chacune, de mes histoire l'objectif de faire rêver mes lecteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *